mardi 29 novembre 2016

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, tome 6 - J. K. Rowling

Série : Harry Potter
Titre : Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, tome 6
Auteure : J. K. Rwoling
Edition : Gallimard
Nombre de pages : 715
Résumé : Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione. Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley ? Dans quels extraordinaires voyages au cœur de la mémoire va-t-il l'entraîner ?

/!\ Spoilers si vous n’avez toujours pas lu les tomes précédents ! /!\




Toujours aussi magique… et encore plus sombre.

    Oui, je sais, je suis faible. Après avoir relu le tome 5 en début du mois de novembre, je n’avais pas du tout prévu prévu de relire le 6 maintenant. Problème : avec la sortie des Animaux fantastiques et tout l’engouement qu’il y avait autour, j’avais trop envie de retourner à Poudlard pour une nouvelle année aux côtés d’Harry, Ron, et Hermione. Ce que j’ai fait. Et qu’est-ce que ça fait du bien !
    Même si tout le monde sait de quoi ce tome parle (enfin, j’espère !), j’ai quand même envie de faire mon résumé. Les habitudes, que voulez-vous. Ici, plus personne nie le retour de Voldemort, et le monde magique est en état d’alerte quasi maximal. Changement de Ministre de la Magie, le Premier Ministre moldu alerté… Les temps ne sont guère à la joie, surtout avec les meurtres et autres accidents dont tout le monde connaît l’origine. C’est dans ce cadre très sombre que nos trois héros vont faire leur rentrée, bien changés par rapport à l’année précédente. Je vous expliquerai pourquoi quand je parlerai des personnages. A Poudlard, beaucoup de choses ont changé : Rogue est enfin professeur de Défense contre les forces du mal ; Slughorn, ex-professeur à la retraite reprend les potions… Harry devient aussi plus proche de Dumbledore en même temps qu’il devient de plus en plus doué en potions grâce à un mystérieux manuel scolaire. Bref, une année mouvementée en perspective !
    Ce tome s’inscrit dans la lignée des précédents : comme dans le film, il devient résolument plus sombre. Cela s’accorde parfaitement aux événements qui chamboulent le monde magique. Je n’ai pas trouvé qu’il était trop sombre, contrairement au film (le 6 est loin d’être mon préféré). Tout est bien dosé et dans une suite logique.
    Comme il est écrit sur la quatrième de couverture, le dénouement commence peu à peu à s’amorcer. En effet, on en apprend beaucoup sur Voldemort, que ce soit son enfance et même sur sa famille en général. J’ai trouvé tout cela très intéressant et, encore une fois, sans faille. De même, des éléments du tome 7 se mettent en place, notamment avec les fameux Horcruxes. Je vous avouerai que ce n’est que maintenant que j’ai enfin tout compris avec ceux-ci – dans mes lectures précédentes, c’était resté assez flou, et pareil quant au passé de Voldemort. Tout cela est en effet très complexe, et il faut être bien concentré pour tout capter. Là encore, je ne peux que louer la créativité de J. K. Rowling, surtout qu’elle semble avoir bien préparé son coup. Il y a en effet des éléments des premiers tomes qui sont éclaircis dans ce tome. Cette auteure est une génie !
    Dans ce tome, j’ai beaucoup plus apprécié les personnages que précédemment. En effet, Harry a encore grandi, et sa crise d’ado est enfin passée. Il prend conscience de ses responsabilités, et aussi du fait qu’il n’est pas seul monde : ses amis comptent encore plus pour lui… bien qu’ils soient déchirés. En effet, il y a énormément de disputes entre Ron et Hermione. Contrairement aux tomes précédents, je ne les ai pas trouvé trop lourdes. En effet, là encore JKR avait préparé son coup… surtout quand on sait la fin du tome 7, héhé. Par contre, j’avoue, j’ai trouvé Ron assez agaçant dans une grande partie du livre, mais bon, c’est dur de lui en vouloir.
    J’ai beaucoup apprécié qu’il y ait enfin des sentiments qui naissent entre les différents protagonistes. Ce n’est pas trop tôt, j’ai envie de dire. ^^ Sérieusement, j’ai trouvé cela vraiment bien fait, surtout par rapport à Harry et Hermione. Les deux ont grandi, ça se voit, mais ils gardent leurs caractères, notamment Hermione. Ces deux-là étaient vraiment touchants à se soutenir. On sent que leur relation est sans ambigüité et que leur amitié est très forte.
    Ensuite, j’ai aimé le fait que Harry soit davantage avec Dumbledore. Ici encore, des éléments du 7 s’amorcent, mais surtout j’ai apprécié qu’on connaisse encore davantage ce sorcier. Il prend beaucoup d’importance dans ce tome, et j’ai trouvé très intéressants sa manière de penser et son comportement. De même pour Rogue, d’ailleurs…
    Alors, qu’est-ce que je n’ai pas aimé dans ce livre ? Peu de choses. Peut-être, j’aurais aimé avoir encore plus de pages. En effet, j’aurais aimé rester plus longtemps à Poudlard, mais avec des activités du quotidien, vous voyez ? Par exemple, j’aurais aimé que le Quidditch soit encore plus présent. Mais bon, on ne peut pas tout avoir !
    Parlons enfin du style de l’auteure. Je l’ai déjà dit dans ma chronique du 5, mais qu’est-ce qu’elle écrit bien ! Elle nous immerge complètement dans son univers, et à la fin c’est dur de quitter Poudlard… Elle retranscrit parfaitement les émotions, notamment la jalousie de Harry. Et la fin… Cette fois, j’ai trouvé qu’il y avait assez d’émotions. Peut-être parce que je pensais aussi à la si triste musique du film, par Nicholas Hooper, mais en tout cas c’était vraiment très touchant.

    Pour conclure, vous l’avez peut-être deviné, mais ce tome 6 est un coup de cœur. Je le préfère largement au film, soit dit en passant. L’histoire est très intéressantes, les personnages encore plus attachants, et on découvre encore plus de choses sur le monde magique et Voldemort. Ce tome est une sorte de prélude au tome 7, que je me ferai une joie de dévorer.

dimanche 27 novembre 2016

Les tags [11] Blogger Recognition Award

Bonjour à tous !
On se retrouve aujourd’hui pour un tag – ça faisait longtemps. Il s’agit du « Blog Recognition Award », et c’est Alice de Plume de chat qui nous a taguée. Evidemment, nous l’en remercions ! Il n'y a pas de C'est dimanche que lisez-vous ? puisque 1) le bilan du mois est publié jeudi et 2) nous n'avons pas beaucoup avancé dans nos lectures.

Le principe est simple :
- poster un article pour remercier la personne qui vous a nominé et fournir le lien de son blog
- raconter pourquoi et comment vous avez décidé de créer votre blog
- donner deux conseils aux nouveaux blogueurs
- sélectionner 15 autres blogs que vous souhaitez nominer


~ La création de notre blog ~

Le premier article de notre blog a été posté à la fin du mois de juillet 2015, il y a donc plus d’un an et demi. Auparavant, nous étions chroniqueuses sur le blog S’évader, mais nous avions envie d’avoir notre propre blog. Au début, nous hésitions à nous lancer, parce que, en grande sceptiques, nous n’avions pas vraiment confiance en Google + et Blogger, sauf que nous ne voulions pas être sur Wordpress ou Skyrock. Finalement, avant de partir en vacances, c’est-à-dire début juillet 2015, nous nous sommes inscrites sur Blogger et L’ivre de rêves est né.
Bien sûr, depuis, beaucoup de choses ont changé. Nous avons changé le design plein de fois, jamais satisfaites (rien que là Emilie veut encore changer le fond). Nos lectures ont aussi beaucoup changé, ainsi que nos chroniques, grâce à notre année de 1ère L et notre fantastique prof de français.
Pour nous, c’était évident de créer un blog à 2. Déjà parce que nous sommes jumelles, très fusionnelles même si c’est dur de l’avouer (et au grand dam de nos parents qui ont toujours voulu nous séparer), et surtout nous adorons lire, nous lisons les mêmes livres, nous écoutons le même genre de musique… A quoi bon faire un blog chacune ? Une séparation n’est absolument pas envisagée, surtout maintenant que nous lisons moins.
Ensuite, nous n’avons jamais regretté de créer ce blog. Depuis son existence, pas une seule fois nous n’avons envisagé d’abandonner, il n’y a qu’une fois où il a été mis en pause pendant un mois, merci les épreuves anticipées du bac.
Et ça, évidemment, c’est grâce à vous. Dès le début, vous avez été nombreux (surtout nombreuses) à nous suivre et commenter nos articles, et là vous êtes de plus en plus chaque mois. Nous en sommes tellement contentes ! Nous avons fait plein de belles rencontres, en témoigne la longue liste de blogs sur la droite, et surtout nous nous sentons moins seules. On vous l’a peut-être déjà dit, mais « in real life », nous sommes très asociales et nous n’avons pour ainsi dire pas d’ami(e)(s) proche(s). Nous n’avons jamais osé aller vers les gens, parce que nous sommes très timides. Le harcèlement au collège, dont Julie vous avait parlé, n’a pas non plus aidé. Avec vous, même si on ne vous a jamais rencontré, qu’on ne se parle que via nos blogs respectifs, nous nous sentons plus entourées. Ce n’est pas forcément une bonne chose, mais pour nous c’est important et ça fait toute la différence comparé aux années précédentes.
Enfin, nous adorons écrire des chroniques. Certes, c’est long et ça prend du temps, mais à la fin le livre est plus compris. De plus, nous adorons voir vos commentaires sous nos chroniques – encore une fois on se sent entourées.
Ainsi, ce blog fait partie de nous et nous ne l’avons jamais regretté. Encore une fois, c’est grâce à vous. ♥

~ 2 conseils que nous donnerions aux personnes souhaitant commencer sur la blogosphère ~

(A vous de deviner qui est le « je » : Emilie ou Julie ? Héhé.)

Conseil n°1 : pour moi, le plus important quand on débute un blog, et même s’il a déjà un peu d’âge, c’est de commenter les autres si on souhaite recevoir des commentaires. Personnellement, je fonctionne selon le modèle « tu me commentes donc je te commente », et à mes yeux, il est tout à fait normal de visiter d’autres blogs, de commenter les articles qui nous intéressent, car c’est le meilleur moyen de 1) faire des découvertes livresques, 2) rencontrer de nouvelles personnes, 3) se faire connaître.  Je ne vois pas comment quelqu’un qui ne commente personne peut voir son blog se faire connaître. Or, un blog livresque, c’est surtout fait pour partager. Donc pour moi, le commentage (j’invente des mots) est une chose très importante – à ne pas prendre comme une contrainte non plus, commenter pour commenter, cela ne sert à rien non plus. Toutefois, des fois des articles sont moins populaires que d’autres, mais ce n’est pas une raison pour laisser tomber, surtout pas ! Il y a toujours des articles qui sont des flops, souvent sur des romans pas très connus (ou sur des musiques chez nous, notamment le metal), mais ce n’est pas tout le temps, et de toute façon, il y aura toujours des abonnés fidèles.

Conseil n°2 : soigner le design. Je donne à nouveau mon avis personnel, mais à mes yeux, et je ne pense pas être la seule dans ce cas, un blog soigné est un blog agréable. J’accorde beaucoup d’importance à la police de caractère et à la taille des caractères, car quand l’écriture est biscornue ou que ce n’est pas écrit très gros, eh bien, ce n’est pas vraiment agréable à lire, ce qui est dommage et ne donne pas envie de revenir. Par exemple, les blogs avec fonds noirs/écriture blanche, j’avoue ne pas être fan… J’aime quand c’est aéré, bien organisé, pas en bazar – quant à la couleur etc, cela m’est égal. Après, ce sont mes critères personnels, toutefois je ne suis certainement pas la seule à apprécier les blogs jolis – c’est comme les couvertures de livres : c’est superficiel, mais on ne peut pas s’empêcher d’y accorder de l’importance. Cependant, le plus important est d’avoir un design qui plaît au bloggeur avant de plaire aux autres : il ne faut pas oublier qu’un blog, c’est la plupart du temps un loisir, quelque chose qui fait plaisir et ne doit pas devenir une contrainte.

Voilà ! Nous remercions encore Alice, ça nous a fait très plaisir de faire ce tag, surtout que nous avions envie de vous parler du lien entre le blog et nous.
Alors, à votre avis, qui a écrit la première partie ? Qui a écrit la deuxième ? Emilie, Julie, ou une seule des deux ? Vous avez le droit de vous tromper, c’est juste pour voir si nos styles se ressemblent ou pas. :)

~ Les nominés ~

Il y en a 15 tout pile, mais si vous n’êtes pas cité(e) et que vous voulez quand même faire le tag, n’hésitez pas, nous lirons vos réponses avec plaisir. Donc, les nominés (nous mettons les noms des blogs avec leurs liens) (dans l’ordre alphabétique s’il vous plaît) :

Si vous n’avez pas le temps ou pas l’envie de faire ce tag, ce n’est pas grave. ;) Nous vous souhaitons un bon week-end.

jeudi 24 novembre 2016

Mrs Dalloway - Virginia Woolf & La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier

Titre : Mrs Dalloway
Auteure : Virginia Woolf
Edition : Folio, collection Classique
Nombre de pages : 358 (dossier inclus)
Résumé : Tôt le matin, tard le soir, Clarissa Dalloway se surprend à écouter le clocher de Big Ben. Entre les deux carillons, une journée de printemps, une promenade dans la ville, le flux des états d'âme et le long monologue d'une conscience. Clarissa tente " de sauver cette partie de la vie, la seule précieuse, ce centre, ce ravissement, que les hommes laissent échapper, cette joie prodigieuse qui pourrait être nôtre ". Et pourtant résonne déjà dans ce livre, le plus transparent peut-être de l'oeuvre de Virginia Woolf, comme la fêlure de l'angoisse ou le vertige du suicide.




Un roman d’une grande qualité.

    Tout d’abord, je tiens à préciser que cette chronique est écrite un mercredi soir à l’internat, avec tout ce que ça implique à côté (longueur, fautes de frappe…). Bref. Ce livre, grande curieuse que je suis, j’avais très envie de le découvrir – ça doit faire au moins 6 mois. Comme il était introuvable en librairie, au CDI ou à la médiathèque, j’ai fini par l’acheter, et je ne regrette pas du tout !
    Ici, la journée d’une femme anglaise nous est racontée. Cette femme, c’est Mrs Dalloway : la cinquante, élégante, elle organise une réception précisément le jour qui nous est raconté. Au début, on ne sait rien d’elle, mais on va tout au long du livre apprendre à la connaître, déjà avec son point de vue, mais aussi avec celui des personnages qui gravitent autour d’elle.
    En effet, c’est impossible de raconter une seule journée d’une seule personne en 300 pages. C’est pourquoi, toujours le même jour, nous avons aussi le point de vue d’autres personnages. Certains, comme son mari ou un ami d’enfance (Peter Walsh), connaissent Mrs Dalloway. D’autres ne la connaissent même pas, en ont peut-être juste entendu parler. S’ils entrent dans le roman, c’est parce que ce sont les personnages gravitant autour de Mrs Dalloway, comme Peter Walsh, qui les ont rencontrés – ils n’ont pas forcément eu de conversation. Ainsi, on suivra pendant plusieurs pages Septimus, jeune homme atteint de folie depuis la Première Guerre Mondiale, ainsi que sa femme dont j’ai oublié le nom… Je sais que j’explique mal, mais j’espère que vous avez compris l’idée.
    Avant de me lancer dans ma lecture, j’ai regardé les avis des lecteurs sur Livraddict et Booknode, et j’ai vu que pour beaucoup, la lecture avait été laborieuse. Pourtant, ça n’a pas été mon cas. Peut-être parce que je l’ai lu de moi-même et pas dans le cadre scolaire, et aussi parce qu’à l’internat je ne lisais qu’une trentaine de pages, alors je voulais savoir la suite. Bref. Je reconnais qu’il y a certains passages longuets où mes yeux se fermaient tout seul, mais dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyée de chez ennuyée. Je pense que c’est grâce à l’alternance de points de vue : une fois on suit Cassandra (Mrs Dalloway), une fois Peter Walsh, une fois Septimus, puis on revient à Cassandra, puis à un autre personnage… Ainsi, on ne se lasse pas de tous ces personnages. Au contraire, moi j’avais envie de savoir la suite.
    Ce qui est remarquable dans ce livre, et ça fait écho à ma première phrase, c’est la psychologie des personnages. Comme je le disais, au début, on n’en connait aucun. Pourtant, à la fin, j’avais l’impression de connaître les principaux. En effet, il y a pas mal de retours en arrière, surtout avec Cassandra et Peter, et surtout on est parfois plongé dans les plongées de ceux-ci – points de vue externes et internes se mêlent. Je retiendrai notamment les « Je suis malheureuse » de la femme de Septimus. Bref. Ainsi, tous ces personnages sont très bien travaillés, avec chacun leur façon de penser. Ce qui est également très intéressant, c’est qu’on a le point de vue de Cassandra, puis après celui de Peter, et celui-ci pense à Cassandra et la « juge ». Les personnages sont donc abordés différemment, et j’ai vraiment aimé tout ce travail : c’était intéressant de voir le décalage produit entre les deux points de vue, c’est-à-dire comment Cassandra se voit, et comment Peter la voit.
    Ensuite, si j’ai aimé ce roman, c’est aussi grâce au style incroyable de l’auteure. Elle fait des phrases assez longues, avec plein de virgules et points virgules, comme je les aime. Je sais que ce n’est pas le cas de beaucoup, mais personnellement j’ai toujours aimé les longues phrases – moi-même, quand j’écrivais des histoires, j’en faisais. J’aime bien décrire les styles par des symboles ; ici, je dirais que la plume de Virginia Woolf est comme ceci : 
C’est fait à la main avec Paint, essayez d’imaginer des sortes de boucles. Ce n’est pas un style banal : je pense que je pourrais le reconnaître parmi d’autres.
    Et surtout, j’ai ressenti des émotions. Cela est principalement dû au style de l’auteure, que je trouve très beau, mais aussi à ce que vivent ou ont vécu certains personnages. Encore là, je pense à la femme de Septimus : son malheur, puis son espoir, étaient vraiment perceptibles et m’ont beaucoup touchée.
    Enfin, je me doute bien que ce livre n’intéressera pas tout le monde. En effet, je l’ai dit, il y a parfois des longueurs. Je pense que si on n’a pas vraiment envie de découvrir le roman, autant attendre ou ne pas lire. Ce serait une perte de temps, et en plus ça gâcherait complètement votre lecture.

    Pour conclure, Mrs Dalloway est une excellente lecture. J’ai beaucoup aimé suivre l’histoire, et surtout découvrir tous ces personnages. Tous ont une psychologie très poussée, et le mix des points de vue est très intéressant. Tout cela appuyé par un style qui m’a beaucoup plu. J’en garderai un très bon souvenir, et une relecture n’est pas exclue. Si vous êtes tenté(e)(s), n’hésitez pas !


♦♦♦

Titre : La jeune fille à la perle
Auteure : Tracy Chevalier
Edition : Folio
Nombre de pages : 313
Genres : Contemporain, Historique
Résumé : La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. À mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...
Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un cœur simple sacrifié au bûcher du génie.

Une lecture agréable.

       Qui n’a jamais vu le célèbre tableau de Vermeer, La jeune fille à la perle ? Je ne m’y connais pas du tout en histoire de l’art, mais le résumé du livre m’ayant fait penser à Les mots entre mes mains de Guinevere Glasfurd, j’ai eu envie de tenter cette lecture, dénichée par hasard au CDI. J’en garderai un bon souvenir.
        L’histoire se passe à Delft, Pays-Bas, au XVIIème siècle. Nous suivons Griet, jeune fille de 16 ans tout juste embauchée comme servante chez le peintre Johannes Vermeer, marié à Catharina et père de plusieurs enfants. Au fil du temps, la fascination entre la servante et le peintre se renforce, et Griet devient l’aide de Vermeer dans ses peintures, s’occupant du broyage des couleurs, jusqu’à devenir le modèle d’un de ses tableaux…
        Je ne sais pas vraiment comment parler de ce roman. D’abord, j’ai trouvé l’histoire vraiment agréable : elle n’est certes pas des plus originales, mais le plaisir de la lecture est là. L’ambiance surtout m’a plu : on est vraiment plongé dans les Pays-Bas du XVIIème siècle et dans le monde de Griet, où la famille compte plus que tout et où les servantes n’ont pas à se mêler des affaires de leur maître. Cela se lit vite, facilement, et au niveau de l’histoire d’amour, j’ai été surprise.
        Je m’attendais en effet plutôt à une romance « classique », où la fascination cède le pas à quelque chose de plus physique. Mais ici, non. C’est plutôt déstabilisant, mais la relation entre Vermeer et Griet ne reste que « platonique ». On sent toutefois bien l’évolution de leurs sentiments, le fossé qui disparaît peu à peu entre eux sans jamais pour autant s’évanouir totalement. Griet et Vermeer sont fascinés l’un par l’autre, opposés par leurs classes sociales et les convenances, et jamais ils ne franchiront le pas fatidique, restant jusqu’au bout la servante et le peintre. J’aurais pu être déçue par ce point, amatrice de romances que je suis, mais non, cela m’a plu car c’était le choix le plus réaliste que pouvait faire l’auteure.
       Au niveau des personnages, Griet est attachante. Obligée de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, on la sent très proche de cette dernière. Et innocente, très simple, très humaine, sans pour autant être nunuche ou je ne sais quoi. Elle est agréable à suivre. J’ai bien aimé également les personnages secondaires, pas très développés certes mais bien campés. Tracy Chevalier a bien décrit les personnalités de l’autre servante de la famille Vermeer, Tanneke ; Catharina, la femme de Vermeer ; Maria Thins, la mère de Catharina ; les enfants de Catharina… J’ai parfaitement pu les imaginer, donc je n’ai rien à redire de ce côté-là.
       Et n’oublions pas Vermeer lui-même ! Je ne connais pas du tout ce peintre, donc je ne peux vous parler de lui qu’avec ce que j’ai pu apprendre dans le livre. Désigné par Griet presque quasiment par « il » ou « mon maître », on sent qu’il évolue dans un monde différent de notre jeune servante, et sa personnalité reste lunatique jusqu’au bout. Je continue de me demander s’il ressentait quelque chose pour Griet uniquement en tant que peintre, ou en tant qu’homme... On ne dirait pas comme ça, mais en fait on le voit pas tant que ça : le point de vue étant interne, on ne le voit que comment Griet le voit, et elle est tellement fascinée par lui que cela ne va pas plus loin. Il reste insaisissable jusqu’au bout.
        Toutefois, je n’ai pas totalement réussi à rentrer dans le livre. Cela vient très certainement du style de l’auteure, qui m’a tout de même déçue : elle décrit certes bien l’ambiance et les personnalités des personnages, mais j’en attendais vraiment plus. L’histoire est écrite avec le « je » de Griet, et pourtant, j’ai trouvé l’écriture de Tracy Chevalier assez simple. Je pense qu’elle aurait pu être un peu plus développée. Ce n’est pas un gros point négatif, mais voilà, il y avait souvent des répétitions dont je ne suis pas sûre qu’elles étaient faites exprès.
       Malgré cela, j’ai vraiment bien aimé La jeune fille à la perle. Le thème de l’art est bien développé : j’ai apprécié le travail de l’auteure sur comment se faisait la peinture au XVIIème, les méthodes de travail de Vermeer… Ce n’est pas un livre transcendant mais pas un livre commun non plus. Le gros point positif est l’histoire que l’auteure a créé en se basant sur le célèbre tableau de Vermeer : la scène où Griet devient le modèle fait fortement écho au tableau, c’est vraiment bien.
       Enfin, lire ce roman m’a permis de découvrir qu’il y en avait eu un film, assez connu apparemment, dont la bande-annonce est par ici. La qualité de la vidéo n’est pas terrible, mais je trouve que Vermeer est assez bien retranscrit à l’écran. Le connaissez-vous ?

       Ainsi, La jeune fille à la perle est une très bonne lecture. J’ai aimé le travail de l’auteure autour du domaine de la peinture, l’ambiance et les personnages, et la relation entre Vermeer et Griet est originale et réaliste, basée sur une fascination mutuelle. Le style est un peu décevant, mais ne m’a pas empêchée de passer un moment agréable de lecture. Je m’excuse enfin pour cette chronique pas très bien faite…